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Les batailles
célèbres de l'histoire
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Guerre du
Vietnam : Hors-série
Aspects de la
guerre du Vietnam
Les Leaders |
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HÔ CHI MINH
Fondateur et leader politique, des
années durant, du Parti communiste indochinois, Hô Chi
Minh, pseudonyme signifiant Celui qui donne la
lumière, fut l'artisan de l'indépendance du
Vietnam.
Né Nguyen That Than en 1890, dans
l'Annam, il quitta le Vietnam en 1912 pour aller
travailler en France où il milita dans les rangs du
Parti communiste. Après une période d'études en
U.R.S.S., il fonda, à Hong Kong en 1930, le Parti
communiste indochinois. En 1941, il fonda le
Vietmînh, une organisation politico-militaire dont le
but était la libération du Vietnâm.
Adepte des enseignements de Mao, il
mena, entre 1946 et 1954, une guerre de subversion
contre la puissance coloniale française.
Victorieux en 1954, il parvint à instaurer un régime
communiste au Nord-Vietnam et poursuivit la lutte,
jusqu'à sa mort en 1969, pour conquérir le Sud et
unifier le pays.
A l'instar de bien des dirigeants
autoritaires communistes, il fit preuve à maintes
reprises de cruauté comme, par exemple, lors de
l'écrasement de la révolte paysanne de Nghê San, en
1956, où plus de 6.000 personnes perdirent la vie.
Malgré ses excès, il fut, et reste
aujourd'hui, un héros aux yeux du peuple
vietnamien. |
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VO NGUYEN GIAP
Né en 1912 dans l'Annam, Giap fréquenta
les écoles françaises, puis l'université de Hanoï, et
devint professeur d'histoire. Fervent communiste,
il rejoignit le Vietmînh et y dévoila ses qualités de
chef militaire. Il organisa la lutte contre la
puissance coloniale française et fut l'artisan de la
victoire de Dien Bien Phu. Nommé ministre de la
Défense du Nord-Vietnam, il dirigea la lutte contre le
Sud et les Etats-Unis durant les années 6O et 7O.
Malgré l'échec de ses offensives majeures de 1968 (Têt)
et 1972 (Mini Têt), il en tira un grand profit politique
pour le Nord. Il abandonna tout rôle publique
après le milieu des années 70. |
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WILLIAMS CHILDS
WESTMORELAND
Né en 1914 en Caroline du Sud,
Westmoreland fut formé a l'Académie militaire de West
Point et connut une promotion rapide durant la seconde
guerre mondiale qu'il termina au grade de
commandant. Il passa ensuite à l'arme aéroportée
et occupa de poste de commandement en Corée.
Il remplit ensuite diverses fonctions au sein de
l'état-major, à Washington. Possédant une grande
expérience du commandement, de la gestion et des arcanes
politiques, il fut nommé, en 1964, à la tête de
l'état-major des conseillers américains au
Vietnam. Théoriquement commandant en chef au
Vietnam, il hérita d'une situation politique et
militaire critique et ne disposa jamais que de moyens
limités plus proches de ceux d'un conseiller que d'un
chef véritable. Après l'engagement U.S. de 1965,
il ne put exercer d'autorité sur les forces aériennes et
navales, pas plus qu'il ne put contrôler les actions de
la CIA.
Jusqu'en 1967, Westmorland infligea
cependant de sérieux revers au Vietcong grâce à la
puissance de feu U.S. et à la mobilité qui résulta de
l'emploi massif des hélicoptères.
L'offensive communiste du Têt, en 1968,
lui fit perdre toute crédibilité. Remplacé au
Vietnam en juin de la même année, il devint chef
d'état-major de l'armée de terre U.S. et prit sa
retraite en 1972. Westmoreland s'éteignit dans une
maison de retraite en 2005. |
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CREIGHTON WILLIAMS ABRAMS
JR
Né dans le Massachusetts en 1914, Abrams
sortit de West Point en 1936. Promu chef de
division, puis de corps d'armée, dans les années 60, il
fut nommé au Pentagone et, en 1967, devint le second de
Westmoreland au Vietnam. A ce titre, il dirigea la
"vietnamisation" de la guerre et organisa le
désengagement militaire U.S. Il remplaça
Westmoreland à la tête de l'état-major des conseillers
U.S. à Saigon au lendemain de l'offensive de Têt, en
1968. Après le retrait U.S. du Vietnam, il
remplaça Westmoreland, retraité, à la tête de
l'état-major de l'armée de terre U.S. Il mourut à
ce même poste deux ans plus tard, en 1974. |
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JEAN-BAPTISTE NGÔ
DIÊM
Né en 1901 dans une famille catholique
aisée de la province de l'Annam, Diêm fut, en 1933,
ministre de la Justice de la colonie française de
Vietnam. Par nationalisme, il renonça à ses
fonctions et rejeta les tentatives d'approche du
Vietminh et de la France après 1945. Il vécu un
temps aux Etats-Unis, puis dans un monastère en
Belgique. Il rejoignit le Vietnam en 1954 pour y
occuper le poste de Premier ministre dans le
gouvernement Bao Daï, dans les derniers mois du pouvoir
colonial français.
En qualité de Premier ministre, puis de
président du Sud-Vietnam, il favorisa une politique
d'affrontement avec les communistes. En 1963, son
système dictatorial et la répression des manifestations
bouddhistes l'isolèrent totalement. Victime d'un
coup d'Etat de ses généraux, le 1er novembre 1963, il se
réfugia dans le quartier chinois de Saigon, où il fut
découvert et exécuté le lendemain. La chute
du dictateur, devenu gênant pour les Américains de par
ses excès, ne perturba guère le pouvoir U.S. |
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NGUYÊN VAN THIEU
Né dans l'Annam en 1923, Thieu fut
diplômé de l'Académie militaire vietnamienne en 1949 et
fréquenta l'Ecole militaire U.S. de Fort Leavenworth en
1957. En 1963, à la tête d'une division
d'infanterie, il prit part au coup d'Etat contre
Diêm. En 1965 il renversa un autre militaire, le
général Khanh, et fut nommé président du Comité
directeur national. A la suite des élections de
1967, il fut élu président du Sud-Vietnam avant d'être
réélu en 1971. A cette date, isolé, il tenta de
sauver son pays malgré le départ des troupes U.S.
En 1975, lors de l'offensive finale des communistes,
Thieu prit de désastreuses décisions militaires qui
aboutirent à la chute de Saigon. Dans les jours
précédents la chute de la capitale, plus exactement le
21 avril 1975, Thieu renonça à ses fonctions et s'exila
aux Etats-Unis où il mourut en 2001. |
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NGUYÊN CAO KY
Né aux abords d'Hanoï en 1930, Ky ne
débuta son instruction militaire qu'en 1950, durant
l'administration française. Il reçut une formation
de pilote et gravit rapidement les échelons de la
hiérarchie après 1954. Général de division en
1965, il aida Thieu à prendre le pouvoir. Nommé
Premier ministre il occupa le poste jusqu'en 1967 et
prôna une politique de répression à l'égard des
opposants. En 1967, il devint vice-président de
Thieu mais refusa de participer aux élections de 1971,
accusant Thieu de les fausser. Il reprit son poste
de général des forces aériennes jusqu'à la chute du Sud
en 1975. Réfugié en Californie, il y ouvrit une
épicerie. En 2004 et 2005, Ky fut autorisé par le
pouvoir communiste à visiter le Vietnam. A cette
occasion, il déclara vouloir oeuvrer au développement
futur du pays.
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Les concepts de guerre
Dans sa guerre
contre la puissance coloniale française, puis contre les
U.S.A., Hô Chi Minh appliqua un modèle stratégique de
guerre révolutionnaire prôné par Mao
Tsé-tung.
La guerre révolutionnaire selon Mao
comprenait trois phases bien distinctes :
-
Dans la première phase, des cadres
communistes, infiltrés dans les villages, apportaient
aux paysans une idéologie de lutte et de destruction
des "ennemis de classe". Chaque village
se transformait ainsi en une nouvelle base d'où la
doctrine communiste pouvait aussi se répandre.
-
La deuxième phase consistait à créer
des unités militaires révolutionnaires afin de
protéger les zones passées sous influence. Grâce
à leur connaissance du terrain, ces unités pouvaient,
en peu de temps, mener des actions de guerilla contre
les troupes gouvernementales.
-
Lors de la troisième phase, les unités
de guérilla, expérimentées et plus lourdement
équipées, se transformaient en unités régulières
capables d'affronter l'armée adverse sur un champ de
bataille classique.
Ce modèle stratégique présentait donc
trois formes de lutte - subversion, guérilla et guerre
ouverte, et se montrait très souple. En cas de
défaite militaire conventionnelle, les unités
communistes pouvaient revenir à une forme de guérilla
afin d'épuiser les forces adverses, avant de reprendre
la troisième phase de la lutte.
Les Américains ne furent pas en reste et
développèrent leur propre concept stratégique dit
"Théorie des dominos".
Dès le 19 janvier 1951, le président
U.S. sortant, Dwight Eisenhower, aborda le sujet avec
son successeur, John Kennedy. Son idée était que
la chute du Sud-Vietnam entraînerait celle du Laos, du
Cambodge, de la Birmanie, des Philippines et, même, de
l'Australie et de la Nouvelle-Zélande. Eisenhower
déclara ainsi : "Imaginez une rangée de dominos
debout, si vous renversez le premier, vous pouvez être
sûrs que le dernier ne tardera pas à tomber
aussi".
Eisenhower et Kennedy furent de grands
partisans de cette théorie et lièrent leur politique
étrangère à la survie du Sud-Vietnam.
C'est ce concept qui détermina les
Etats-Unis à intervenir massivement dès 1965.
Le concept des hameaux
stratégiques
Lancé en mars 1962
par le président Diêm, le programme des hameaux
stratégiques visait à concentrer les paysans
sud-vietnamiens dans des lieux protégés de l'influence
communiste.
L'expérience fut désastreuse et creusa
le fossé entre les paysans et le gouvernement. Les
raisons de l'échec furent multiples.
D'abord, les paysans vietnamiens étaient
des plus attachés à leur village et supportaient mal
l'idée d'un déplacement.
Par ailleurs, les contructions des
hameaux où furent déplacés les paysans s'avérèrent des
plus inconfortables et d'une qualité médiocre.
De même, en déplaçant hâtivement les
paysans, les autorités sud-vietnamiennes déplaçèrent
avec eux de nombreux cadres communistes qui purent
continuer leur mission d'endoctrinement au sein même des
hameaux nouvellement créés.
Enfin, la grande corruption règnant au
Sud fit que l'argent destiné aux améliorations des
hameaux se volatilisa dans les mains de resposables
gouvernementaux.
Au bout du compte, de nombreux paysans,
jusque là dociles, s'insurgèrent contre ce système et
rejoignirent le Vietcong.
La piste Hô Chi Minh
En 1959, le
gouvernement nord-vietnamien décida d'aider les
vietcongs du Sud en mettant en place une énorme piste de
ravitaillement, longue de 1.500 kilomètres, passant à
travers jungle et montagnes du Laos et du Cambodge,
avant de pénétrer au Vietnam du Sud.
Dans les premières années du conflit, un
convoyage à partir du Nord durait environ six mois mais,
au fil du temps, les pistes furent améliorées. Des
relais furent établis avec des dépôts et des points de
repos. Par ailleurs, des batteries anti-aériennes
furent déployées le long de la piste.
Au début des années 60, les communistes
purent y faire progresser 400 tonnes de matériel par
semaine, principalement à dos d'hommes.
Dix ans plus tard, la piste s'était
transformée en véritable route empruntée en permanence
par 10.000 camions.
Le facteur humain resta cependant un
facteur essentiel de l'efficacité de la piste Hô Chi
Minh. Un "porteur du Peuple" était capable de
transporter sur son dos 25 kilos de matériel à raison de
24 km par jour en terrain plat ou de 15 km par jour en
terrain montagneux.
Gràce à une bicyclette, la charge
transportable passait à près de 70 kilos.
Les L.Z. et F.S.B.
Selon le principe
stratégique U.S. de la mobilité, les hélicoptères
américains devaient être capables d'atterrir au milieu
de territoires ennemis afin d'y déposer troupes et
ravitaillement.
Les zones d'atterrissage (LZ)
naturelles, telles que les clairières, étant souvent
contrôlées par les communistes, il fut nécessaire d'en
fabriquer.
Une fois le site choisi, les sapeurs
U.S. descendaient d'hélicoptères en rappel ou à l'aide
d'échelles de corde sous la protection d'autres
appareils destinés à prévenir toute réaction
ennemie.
Au sol, les sapeurs coupaient les arbres
à la tronçonneuse, à la hache ou à l'explosif afin de
permettre, aussi vite que possible, aux hélicoptères
d'atterrir avec des sections d'assaut.
Un périmètre défensif rudimentaire était
rapidement établi et la Landing Zone devenait ainsi
opérationnelle.
Une technique très similaire fut
utilisée pour la création de bases de soutien
d'artillerie (FSB), lesquelles étaient souvent placées
au sommet d'une colline.
Le nettoyage du terrain se faisait par
un lâcher de bombes spéciales "Daisy Cutter" réglées de
façon à exploser au raz du sol pour abattre les
arbres.
Un poteau central était disposé au
centre de la zone et, grâce à une corde de 40 mètres, on
traçait la ligne des bunkers qui seraient contruits à
cinq mètres les uns des autres. Une autre corde,
de 80 mètres, servait à tracer le périmètre
extérieur.
Des bulldozers, amenés par hélicoptères,
construisaient le bunker de commandement et
l'emplacement des pièces. Après quoi, on y amenait
les pièces, souvent des obusiers de 105 mm.
Protégée par des mines et un réseau de barbelés, la FSB
devenait ainsi opérationnelle.
Sans ces bases, l'armée U.S. eut été
incapable de s'aventurer dans les zones d'influence
communiste.
Lors des patrouilles "Recherche et
destruction", l'assurance de pouvoir compter sur l'appui
de l'artillerie eut un grand effet sur le moral des
soldats U.S. L'artillerie permit souvent aux
troupes U.S., même aux petites unités, de survivre aux
larges assauts vietcongs.
Les blindés
LE
M113
Conçu pour transporter les troupes sur
le champ de bataille, le blindé M113 fut mis en service
en 1960.
Livré au Sud-Vietnam dès 1962, il
permettait de transporter un petit groupe de soldats
jusqu'à la zone de combat puis, grâce à la mitrailleuse
de bord, de les couvrir une fois débarqués.
Réalisé en aluminium soudé, le M113
était, à l'origine pourvu d'un moteur V8 Chrysler mais
les modèles livrés au Sud-Vietnam furent équipés d'un
moteur diesel.
Le blindé comptait un équipage de deux
hommes : le conducteur et le chef de char. Il
pouvait transporter dix fantassins dans une cabine
arrière pourvue d'une rampe métallique à commande
hydraulique. Il disposait d'une mitrailleuse de
12,7mm montée sur tourelle pivotante.
Amphibie, il se déplaçait aisément dans
les rizières.
Malgré la vulnérabilité de son fin
blindage (3,8 cm), il fut un véhicule fiable, bon marché
et très mobile. |
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LES BLINDES LOURDS
U.S.
Outre les courants M113, les
Sud-Vietnamiens utilisèrent des M41 américains et, dans
une moindre mesure, des M48 "Patton".
Les Américains firent un large usage du
"Patton" et employèrent également le M60 et le M551
"Sheridan". Ce dernier véhicule était un blindé de
reconnaissance léger disposant d'un armement sophistiqué
comprenant canons et missiles.
Les troupes australiennes utilisèrent
des chars "Centurion" de fabrication anglaise. |
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Un char M48
PATTON | |
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LES BLINDES
COMMUNISTES
Les unités nord-vienamiennes régulières
utilisèrent, dès 1968, des chars amphibies PT46, de
fabrication soviétique ou chinoise, auquels
s'ajoutèrent, en 1971, des T54 et T55 dotés d'un
blindage imposant et d'un puissant armement. Tous
ces chars restèrent cependant très vulnérables face à
l'aviation U.S.
Dès réception de leurs chars, les
Nord-Vietnamiens les utilisèrent de la manière la plus
inepte mais, rapidement, tirèrent les leçons de leurs
erreurs. |
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Un T54
nord-vietnamien | |
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Le support aérien
Etroitement associé
à la guerre du Vietnam, l'hélicoptère participa à la
plupart des opérations militaires d'une façon ou d'une
autre. Il permit aux troupes d'accéder ou de
repartir d'une zone de combat éloignée. Servant de
soutien aérien, il permit aussi l'évacuation des
blessés, l'observation de l'enemi ou le transport de
ravitaillement.
Parmi les modèles employés au Vietnam,
on peut citer : le Hughes OH-6A Cayuse Loach
(observation légère), le Bell AH-IG Huey Cobra
(hélico d'assaut), le Bell UH-ID Iroquois Huey
(transport de troupes et soutien rapproché), le Sikorsky
CH-54A Tarhe Flying Crane (transport lourd) et
le Boeing Vertol CH-47A Chinook (transport
moyen).
Partout et à toute heure, l'aviation
U.S. se vit contrainte à répondre rapidement à une
demande de soutien de l'infanterie.
En cas de besoin, le radio au sol
contactait le contrôle aérien tactique aéroporté.
La réponse lui parvenait via un
contrôleur aérien avancé qui survolait la zone dans un
petit appareil de type Cessna Bird Dog ou OV-10
Bronco. Le contrôleur avancé devait souvent voler
au raz du sol afin de localiser précisément
l'ennemi.
Une fois celui-ci repéré, le contrôleur
appelait les chasseurs-bombardiers A1 Skyraider ou A4
Skyhawk.
Le contrôleur marquait les positions
ennemies à l'aide de roquettes au phosphore et guidait
les appareils tout en restant en contact avec les
troupes au sol.
Le MEDEVAC et les missions de
sauvetage
Entre le mois
d'avril 1962, date d'arrivée du MEDEVAC au Vietnam, et
le retrait U.S. en 1973, près de 500.000 G.I. furent
blessés et évacués de leur zone de combat vers des
installations médicales.
Au cours de ces périlleuses missions,
des centaines d'aviateurs furent tués ou blessés.
Toutefois, pour le fantassin, la
garantie qu'un hélicoptère du MEDEVAC surgirait fut
d'une grande aide morale.
En moyenne, un blessé arrivait en salle
d'opération moins d'une heure et demie après avoir été
touché.
Pour les aviateurs U.S. survolant le
Vietnam, le risque d'être abattu et capturé était
important.
Ainsi, les pilotes transportaient une
petite radio qui émettait un signal de
localisation. Ceux qui, abattus, étaient arrivés
vivants au sol et avaient échappé à une capture rapide,
savaient qu'une mission de sauvetage serait effectuée
pour les récupérer.
Un tel sauvetage exigeait la
participation de plusieurs centaines d'hommes et de
plusieurs dizaines d'appareils. L'hélicoptère de
sauvetage devait être ravitaillé en vol par un
KC135. Ensuite, il fallait établir une zone de
sécurité autour de l'aviateur à récupérer; cette
mission était souvent assurée par des A1
Skyraider. Ces avions plutôt lents étaient
eux-même protégés par des chasseurs F105 et F4.
Enfin, l'hélicoptère de sauvetage devait disposer de son
propre mitrailleur pour tenir l'ennemi à distance durant
la récupération du pilote naufragé.
De telles opérations étaient dangereuses
et très coûteuses mais essentielles pour maintenir le
moral des pilotes survolant régulièrement le territoire
ennemi.
Les armes d'infanterie
Au Vietnam, les
combats d'infanterie se déroulèrent souvent à moins de
300 mètres de distance. En conséquence, la
puissance de feu des armes fut rapidement considérée
comme étant plus importante que la portée, d'où
l'utilisation généralisée de fusils d'assaut capables de
tirer au coup par coup ou en rafales.
L'arme de prédilection de l'armée
nord-vietnamienne et des Vietcongs fut l'AK47
Kalachnikov.
Largement inspirée de la MP44 allemande
de la seconde guerre mondiale, cette arme fut adoptée
par l'armée russe en 1951.
Il s'agit d'un fusil d'assaut des plus
réussi, fonctionnant par emprunt de gaz, assez précis
pour tirer en rafales jusqu'à 300 mètres sans vibrations
intempestives. Malgré de menus défauts, la qualité
de fabrication est élevée pour une arme d'origine
russe. L'arme est d'un fonctionnement très sûr et
facile à démonter et à manipuler pour un irrégulier
privé de formation militaire.
L'AK47 a été abondamment copiée par les
Chinois et semble être l'arme de guerre la plus répandue
à l'échelle mondiale. |
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L'arme de base du fantassin U.S. et
sud-vietnamien fut l'Armalite AR15 M16.
Apparue en 1959, cette arme, faisant
largement appel à l'usage du plastique et de
l'aluminium, fut rapidement appréciée. Maniable et
légère, elle fut très appréciée en Asie où les
combattants étaient plutôt de petite taille.
Ce fusil d'assaut ne possède pas de
piston, les gazs passant directement à travers un
cylindre et frappant directement la culasse
mobile. Ce système complexe provoque de fréquents
enrayages qu'un nettoyage minutieux et régulier parvient
à réduire fortement mais pas à faire disparaître
totalement. |
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Au Vietnam, les combats rapprochés
furent des plus courants et firent sentir la nécessité
d'une arme courte.
Ainsi apparu la version courte du M16,
baptisée Colt Commando. Par rapport au modèle
original, le canon est réduit de moitié ce qui influence
grandement la précision (moins 20%). Il occasionne
aussi une impressionnante flamme de bouche d'où
l'adjonction d'un cache-flamme. La baïonnette ne
peut être utilisée sur cette arme.
La crosse téléscopique peut faire passer
la longueur totale de l'arme de 71 à 97 cm.
Largement utilisée par les Special Forces, cette arme
s'apparente essentiellement à la mitraillette. |
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Enfin, le fusil-mitrailleurs M60 fut
largement utilisé. Arme robuste, le M60 s'encrasse
facilement ce qui peut l'enrayer ou provoquer un tir
incontrôlé. Il est toutefois aisément
transportable (11,5 kg avec bipied). Le M60 sauva
bien des vies américaines au Vietnam grâce à son
extraordinaire efficacité.
Les dangers des
patrouilles
Tout au long de la
guerre, les Américains basèrent leur tactique sur la
recherche de l'ennemi, ce qui exigeait la réalisation de
nombreuses patrouilles.
A partir d'une base ou d'une zone
d'atterrissage, les soldats s'enfonçaient dans une
nature qui leur était aussi étrangère qu'hostile.
La chaleur et l'humidité tropicale avaient raison des
plus endurcis, sans compter les pluies de mousson, les
moustiques, les sangsues, les serpents vénimeux...
Surtout, durant les patrouilles, les
soldats devaient veiller à éviter les pièges et les
embuscades du Vietcong.
L'un des pièges habituels était une
planchette d'aiguilles en bambou ("PUNJI") acérées,
trempées dans des excréments humains, pour provoquer une
gangrène, et dressée verticalement au fond d'une fosse
dissimulée par de la végétation.. |
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Un piège
"Punji" | |
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Parmi les autres pièges figuraient les
grenades attachées à des fils de détente qui
traversaient une piste ou une rivière régulièrement
empruntée. Toute traction sur le fil dégoupillait
la grenade et la faisait sauter.
On peut aussi citer les ponts en bois
sciés dont les entailles étaient dissimulées par de la
boue, ou des planches garnies d'épines en bambou que
l'on tendait comme un arc et qui, dégagées par un cable
de traction, balayaient la piste à hauteur de poitrine
ou de visage.
Il existait également un système assez
moyenâgeux consistant en une lourde boule de boue piquée
de pointes punji et attachée à un arbre par une
liane. Libérée par un fil courant près du sol, la
boule traversait brutalement le chemin...
En six ans et demi, de tels pièges
provoquèrent la mort de 4.000 Américains, soit 11% des
morts au combat. 17% des Américains blessés lors
du conflit le furent par de tels pièges.
On peut supposer que les autres forces
anticommunistes subirent des pertes similaires.
Simples et peu onéreux, les pièges
démontrèrent ainsi grandement leur efficacité.
Enfin, le fantassin était handicapé,
comme souvent dans les conflits antérieurs, par le poids
de son équipement. Outre l'arme personnelle, il portait,
aux bretelles, ses munitions, les trousses à pansement
et des gourdes d'eau. Le sac à dos était réservé
aux mines, aux grenades, aux munitions de réserve, à une
autre gourde d'eau, à des fusées éclairantes, à des
rations alimentaires, à des cachets contre la
déshydratation, à des produits répulsifs d'insectes, à
du linge de rechange, à une trousse de nettoyage des
armes, à une autre trousse à pansement, à des
cigarettes, à des produits de toilette...
Il fallait encore ajouter une pelle, une
machette et divers outillages, sans oublier le casque en
acier et le gilet pare-balles...
Les tunnels
Les Vietcongs
utilisaient déjà des réseaux de tunnels à l'époque de la
présence française.
Quand les Américains intervinrent au
Vietnam en 1965, les communistes créèrent des centaines
de kilomètres de tunnels, comprenant dortoirs, hôpitaux,
écoles, entrepôts souterrains, au sein même des zones
d'occupation U.S. et sud-vietnamienne.
L'entrée des tunnels était minuscule et
très bien dissimulée, parfois même située sous la
surface de l'eau d'une rivière.
La vie dans ces tunnels était infernale
mais ils offraient aux Vietcongs un abri sûr.
Au début, les Américains ignoraient la
présence de ces tunnels. Par la suite, ils
tentèrent d'en chasser les communistes en y lançant du
gaz C.S. ou des explosifs. Toutefois, la nécéssité
de tirer des renseignements (les tunnels offraient
toutes les qualités de bases de subversion) poussa les
Américains à y envoyer des soldats chargés d'en extraire
les cadavres et les documents ou d'affronter directement
le Vietcong.
Rares furent les soldats capables de
s'enfoncer dans ces trous sombres et étroits sans savoir
où était l'ennemi et ce qui les attendait. Ce
furent eux que l'on surnomma bientôt les "Rats de
tunnels"... |
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L'entrée d'un
tunnel | |
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Vue
intérieure | |
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La période de service
militaire
De 1964 à 1972, 2,2
millions de jeunes Américains - sur un total de 26,8
millions ayant ateint l'âge de 18 ans à cette époque,
furent incorporés dans l'armée pour y effectuer un
service militaire de deux ans.
A ces 2,2 millions s'ajoutèrent 8,7
millions de volontaires. Le reste, soit 15,9
millions, échappa au système.
Plus la guerre devint impopulaire, plus
nombreux furent ceux qui brûlèrent leur carnet
militaire... Des insoumis décidèrent de ne pas
s'inscrire sur les listes de recensement. Certains
demandèrent un report d'incorporation pour des motifs
divers, souvent des études supérieures.
Beaucoup de jeunes tentèrent de se faire
exempter pour raisons de santé, en se déclarant
objecteur de conscience ou en invoquant des
responsabilités familiales.
D'autres encore s'engagèrent dans la
Garde nationale, une milice volontaire au service de
l'Etat et, plus rarement, de la Fédération.
Quelques uns, aussi, quittèrent le pays,
souvent pour rejoindre le Canada.
Lorsque le président Ford accorda une
amnistie générale en 1974, il y avait 209.517 insoumis
qui n'avaient même pas tenté de demander un sursis
d'incorporation.
Les recrues de l'armée U.S. étaient
envoyées au Vietnam pendant un an qui prenait cours au
moment où le jeune prenait un vol régulier de la côte
Ouest américaine vers Saigon; la libération avait lieu à
la date du DEROS (Date Eligible to Return from Overseas
Service), jour de retour aux U.S.A.
Pendant son année de service, la recrue
passait du statut de Funny New Guide,
c'est-à-dire de "Bleu", à celui de
Short-Timer, soit de "Libérable".
Pendant le premier mois, le nouveau venu
constituait surtout un handicap pour son unité. Il
devenait par la suite un combattant expérimenté.
Mais, souvent, à partir du dixième mois, les soldats
cherchaient à éviter le danger et à limiter leur
participation aux tâches les plus dangereuses...
Or, à tout moment, une unité comportait
une partie de "Bleus" et de "Libérables", ce qui
diminuait son efficacité.
Les officiers furent envoyés au Vietnam
pour des périodes de six mois. Le but était de
permettre au plus grand nombre d'acquérir l'expérience
du combat. Toutefois, et malgré la volonté
affichée par certains officiers d'effectuer un service
de 12 mois, cette différence de temps de service
provoqua un grand mécontentement parmi les
appelés.
Les permissions
Durant son année de
service, le soldat U.S. avait droit à une semaine de
permission, appelée R&R "rest and recreation", hors
du Vietnam.
Il avait alors le choix entre plusieurs
destinations, depuis Bangkok jusqu'à Sidney.
La plupart des hommes mariés choisirent
Hawaii, où leurs épouses pouvaient les rejoindre
facilement.
Au cours de cette période, ils tentèrent
d'oublier les horreurs de la guerre et de se rétablir
mentalement avant de partir achever leur année.
Certains estimèrent cependant que le
passage d'une zone de combats à un repos paisible
ensuite suivi d'un retour à la guerre était des plus
déstabilisateur.
Chaque soldat avait aussi droit à des
permissions de deux ou trois jours au Vietnam.
Beaucoup les prenaient à Saigon, ville de tous les
plaisirs, ou dans les camps établis sur la côte dans des
sites idylliques comme Vung Tau, Cam ranh et Da Nang, où
ils pouvaient surfer, se baigner, boire et manger à
satiété en sécurité (même si les drogues et la
prostitution ne tardèrent pas à y apparaître).
L'armée organisa aussi des spectacles
livrés par des professionnels, de talent très variable,
entre 1966 et 1970. Par exemple, Bob Hope et Sammy
Davis Jr se produisirent au Vietnam. D'autres
"vedettes" étaient d'un intérêt moindre mais le but
était de distraire les soldats pour quelques
heures et ce fut toujours le cas.
Les Noirs et les autres
minorités
Durant l'engagement
U.S. au Vietnam, les minorités ethniques américaines
combattirent aux côtés des Blancs.
La politique de ségrégation de l'armée,
encore en usage durant la seconde guerre mondiale et qui
avait vu la création d'unités "noires" commandées par
des officiers blancs, avait vécu.
La guerre offrit aux soldats noirs ou
autres la possibilité d'améliorer leur formation et leur
position sociale. Nombre de sous-officiers de
carrière furent des Noirs; il avait aussi beaucoup de
sous-officiers d'origine hispanique. Beaucoup
purent atteindre des grades relativement élevés.
Malgré l'absence de ségrégation dans les
zones de combats, lors des permissions, les soldats se
regroupaient volontiers par groupes ethniques. A
Saigon, chaque groupe avait ses bars et bordels, comme
Khanh Hoi pour les Noirs et Tu Do pour les Blancs.
La division s'accentua après les
troubles raciaux qui secouèrent les U.S.A. et qui
culminèrent avec l'assassinat de Martin Luther King en
avril 1968. Les problèmes s'agravèrent avec
l'arrivée au Vietnam de jeunes Noirs ayant vécu les
révoltes de ghettos ou subi l'influence de groupes
d'activistes tels que les Panthères Noires.
Enfin, l'analyse des pertes subies au
Vietnam montra que les Noirs y avaient payé un prix très
élevés : 23% des soldats U.S. tués au Vietnam étaient
des Noirs.
La baisse du moral
Jusqu'en 1969, le
moral des soldats U.S. resta très bon. Toutefois,
lorsque le cours de la guerre s'inversa et que la
situation fut agravée par l'opposition populaire et le
début de négociations de paix, la nécessité de remettre
en cause les actions offensives s'imposa.
Le taux de désertion monta en flèche
pour atteindre, en 1971, un chiffre de 7,35% !
L'usage de drogues se généralisa.
Un rapport du ministère de la Défense U.S. estime que la
moitié des militaires américains au Vietnam avait fumé
de la marijuana durant l'année de service. Un
tiers avait pris des drogues psychédéliques. Plus
du quart était passé aux drogues dures : opium et
héroïne...
La discipline militaire se
relâcha. Certains gradés, détestés par leurs
hommes, furent assassinés. On dénombra ainsi
officiellement 788 cas de fragging (meutres à
la grenade à fragmentation) entre 1969 et 1972.
On enregistra aussi des cas de "refus de
se battre" (35 dans une division en 1970).
Dans l'ensemble le respect de l'uniforme
et des grades s'effondra progressivement....
Le comptage des morts
Durant son
engagement au Vietnam, et surtout sous la pression de
Washington, l'armée américaine dut se livrer à un
"comptage des morts".
Ce concept impliquait de dénombrer les
cadavres ennemis retrouvés après un combat et de
transmettre ces chiffres au ministère américain de la
Défense. Le but était de mesurer l'efficacité de
la lutte contre les communistes.
Sur le terrain toutefois, cette pratique
se révéla ardue surtout, par exemple, parce que les
membres du Vietcong ne portaient pas d'uniforme.
Il était impossible de distinguer le cadavre d'un
Vietcong de celui d'un civil. Aussi, les
Américains eurent tendance à comptabiliser tous les
cadavres vêtus de noir, y compris femmes et enfants,
dans leurs estimations des pertes vietcongs.
Cette procédure conduisit à une
exagération des chiffres de l'ordre de 30%.
Souvent aussi, des unités procédèrent à
un double comptage afin de s'accorder le mérite des
pertes ennemies. Certains officiers, comme le
général Julian Ewell, allèrent jusqu'à imposer des
quotas que ses subordonnés devaient atteindre pour
bénéficier de rapports favorables....
De telles pratiques ne pouvaient mener
qu'à bien des excès.
Les forces spéciales
Confrontés à un
ennemi sachant profiter du terrain pour se dissimuler,
les Américains créèrent des unités capables d'opérer en
territoire ennemi en vue de pratiquer des missions de
reconnaissance ou de sabotage.
Ces équipes, fortes de 6 ou 7
volontaires, opéraient au-delà de tout soutien
d'artillerie.
Les équipes des forces spéciales ne
tardèrent pas à utiliser des tribus locales pour monter
des opérations généralement désignées par une lettre
grecque comme nom de code.
En mai 1964, le Projet Delta permit de
recueillir des renseignements dans l'ensemble du Vietnam
et de surveiller les pistes d'infiltration de Vietcong
et de l'armée nord-vietnamienne.
En août 1966, le Projet Omega permit de
surveiller la zone frontalière de la zone tactique
II. De même, le Projet Sigma permit de surveiller
la frontière de la zone tactique III.
Plus secret, le Projet Gamma impliqua
des opérations de renseignements au Cambodge et au Laos
neutres.
Ces opération se poursuivirent jusqu'au
retrait des forces spéciales, en 1973.
Le renseignement militaire
U.S.
Dans toutes les
guerres, l'acquisition de renseignements sur l'ennemi a
toujours eu une importance cruciale. Au Vietnam
plus qu'ailleurs, dans une guerre où l'ennemi se
dissimulait souvent parmi la population locale, le
service de renseignements joua un rôle
majeur.
Les Américains recueillirent d'énormes
quantités d'informations de leurs forces spéciales, des
prisonniers de guerre, des patrouilles, des documents
saisis, des reconnaissances aériennes...
Ce fut justement cette abondance qui
posa problème. Dès 1967, les Américains se
retrouvèrent ensevelis sous une avalanche de
renseignements. Le centre d'analyse des
renseignements reçut, chaque mois, environ trois
millions de pages de documents ennemis. 10% des
documents seulement purent être traduits ce qui rendit
impossible l'utilisation des renseignements sur le
terrain.
A lui seul, le centre d'analyse
produisit une demi-tonne de rapports par jour mais
personne n'avait le temps de les lire et d'en extraire
les informations importantes.
L'efficacité technologique et militaire
sur le terrain aboutit donc à un excès de données que le
système fut incapable d'absorber.
La ligne McNamara
Dès 1966, les
Américains étudièrent la possibilité d'ériger une
barrière physique qui empêcherait les incursions
nord-vietnamiennes à travers la zone
démilitarisée.
Le projet fut mis au point par le groupe
Jason, un groupe de scientifiques de haut niveau.
Robert mcNamara, secrétaire d'Etat à la
Défense,donna le feu vert et octroya au projet des fonds
pratiquement illimités.
Telle qu'envisagée au départ, la
barrière devrait couvrir l'entièreté de la zone
démilitarisée et pénétrer partiellement au Laos.
Elle consistait en une zone large de 15 kilomètres,
dénuée de végétation, où une énorme quantité de mines
furent jetées en travers des voies d'infiltrations
ennemies.
Des déflecteurs acoustiques et sismiques
y furent placés afin de permettre à des avions radars de
diriger les batteries d'artillerie ou les bombardements
aériens.
De nombreux déclenchements intempestifs,
créés par des animaux sauvages, poussèrent à parfaire le
système.
En 1968, les premiers tronçons de ligne
furent pourvus des ACOUSIDS et des ADSIDS. Les
premiers étaient des espèces de micros parachutés de
manière à rester accrochés aux arbres et à détecter les
bruits en-dessous d'eux. Les seconds étaient des
boîtiers électroniques, lancés par avions ou
hélicoptères et qui s'enfonçaient dans le sol (seule une
antenne imitant une feuille restait vsible), qui
permettaient de détecter les bruits de pas.
Les signaux émis étaient captés par un
avion radar volant au-dessus de la zone et utilisés pour
lancer une contre-attaque.
Une autre méthode consistait à utiliser
un "renifleur de personnes", soit un tuyau pendant d'un
hélicoptère et qui aspirait l'air extérieur afin de
l'analyser et d'y détecter des traces d'ammoniac
provenant de la sueur et des urines humaines.
Autre particularité, le TURSID était un
détecteur sismique ayant l'apparence d'une crotte de
chien et qui réagissait après avoir été écrasé par un
pied humain ou une roue de véhicule.
Cette barrière technologique ne fut
jamais achevée et une quinzaine de kilomètres furent
finalement construits. Son coût, supérieur au
milliard de dollars de l'époque, était en effet des plus
exorbitant.
Les porte-avions et les armes
"intelligentes"
L'aéronavale U.S;
fut impliquée dans les raids contre le Nord-Vietnam dès
1964. Elle fut utilisée dans les raids "Rolling
Thunder", entre 1965 et 1968, et dans l'opération
"Linebacker" de 1972.
Contrairement aux appareils de l'USAF,
qui opéraient à partir de la Thailande ou du
Sud-Vietnam, les appareils de la marine opéraient depuis
des porte-avions naviguant au large du Vietnam.
Au début de 1965, deux porte-avions
(cinq par la suite) furent stationnés, tour à
tour, au large du Vietnam. Les navires opérèrent
depuis une zone connue sous le nom de "Yankee Station",
située à 150 kilomètres de la côte
nord-vietnamienne.
Les navires, qui portaient souvent 70
avions, restaient en service cinq mois, effectuant des
veilles de douze heures avant de consacrer les douze
heures suivantes au ravitaillement.
Au début de 1966, un sixième
porte-avions stationna au large du Sud-Vietnam, sur
"Dixie Station".
Lorsque le président Nixon autorisa des
bombardements massifs contre le Nord, en 1972, sept
porte-avions participèrent aux opérations, tous depuis
"Yankee Station".
Au cours de l'opération "Rolling
Thunder", les scientifiques américains tentèrent de
développer des technologies qui amélioreraient la
précision des bombardements.
La marine U.S. ouvrit la voie avec la
bombe à guidage "Walleye" qui était une bombe
conventionnelle munie d'une petite caméra. Lorsque
la bombe était larguée, la caméra transmettait ses
images à un écran placé à bord de l'avion d'où un
technicien pouvait orienter légèrement le projectile en
orientant électroniquement les ailerons de l'empannage
arrière.
L'USAF adopta un système plus
perfectionné. Un rayon laser était utilisé pour
"éclairer" la cible sur laquelle une bombe à guidage
laser se dirigeait en chevauchant le faisceau.
Cette technique, baptisée "Paveway", garantissait une
erreur de visée inférieure à 9 mètres.
L'agent orange et le
napalm
Dès novembre 1961,
le président Kennedy autorisa l'usage d'herbicides au
Vietnam afin de détruire le feuillage de la jungle qui
offrait une grande protection au Vietcong.
En janvier 1962, les U.S.A.
déclenchèrent l'opération "Ranch Hand". Lorsque
cette opération prit fin, en 1971, 68 millions de litres
d'herbicides avec été déversés sur une période de 2,3
millions d'hectares du Vietnam du Sud, mais aussi du
Laos et du Cambodge, dans le secteur de la piste Hô Chi
Minh.
Le défoliant le plus utilisé fut l'agent
orange qui contenait une hormone de croissance.
Déversé sur les arbres, il accélérait leur croissance et
aussi la chute des feuilles.
Les missions "Ranch Hand", souvent
précédées de tracts destinés à prévenir les paysans,
visaient à défolier des bandes larges de plus de 500
mètres.
Au début de son utilisation, l'agent
orange fut considéré par les Américains comme étant
inoffensif pour le bétail et les populations. Des
volontaires U.S. se rendirent même dans des villages
pour manger, devant les paysans, du pain trempé dans
l'herbicide afin de souligner son aspect
inoffensif.
Toutefois, en 1969, l'Institut américain
de lutte contre le cancer découvrit que l'un des
composants du produit, la dioxine, était cancérigène et
pouvait provoquer des malformations..
De fait, les effets de l'agent orange se
font encore sentir au Vietnam ainsi que chez les anciens
soldats américains qui eurent à manipuler ce
produit.
Arme mortelle, dont le nom dérive du
palmitate de sodium (Na), le napalm fut intensivement
utilisé au Vietnam.
Au début des années 60, la bombe au
napalm la plus courante était la BLU-1; dans les années
70, elle fut remplacée par la BLU-27.
Sur chacun des containers de mille
litres de napalm était branché un allumeur au phosphore
qui s'enflammait au contact de l'air. Lorsque la
bombe se fracassait au sol, projetant le napalm à
distance, une fusée faisait exploser l'allumeur, mettant
à nu le phosphore qui s'enflammait et incendiait le
napalm. Le tout se déroulait en une fraction de
seconde et il n'y avait pas d'échappatoire pour ceux qui
se trouvaient à proximité.
L'image de l'immense flamme provoquée
par une attaque au napalm est désormais associée
étroitement à la guerre du Vietnam.
Son utilisation par les U.S.A. provoqua
d'importantes manifestations de par le monde.
La célèbre photo d'une petite fille
vietnamienne brûlée par une bombe au napalm bouleversa
grandement l'opinion internationale. |
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Explosion de
napalm | | |
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La défense antiaérienne du
Nord-Vietnam
Ceux qui crurent que
la supériorité aérienne des U.S.A. viendrait rapidement
à bout du Nord-Vietnam durent rapidement reconnaître
leur erreur.
Dans les premières années de la présence
U.S., en 1964 et 1965, les Nord-Vietnamiens ne
disposaient guère plus que de canons antiaériens de 37
et 57mm, d'origine russe ou chinoise, à visée optique et
d'une portée inférieure à 6.000 mètres d'altitude.
Il suffisait dès lors aux pilotes U.S.
de rester hors de portée pour voler en sécurité.
Toutefois, lorsqu'ils étaient obligés de
s'approcher de cibles à basse altitude, les pilotes
étaient souvent pris à partie par ces pièces ainsi que
par les simples fusils des milices paysannes. Or,
avec de la chance, un coup de fusil bien placé pouvait
suffire à abattre un appareil.
Avec l'intensification des raids
aériens, les Nord-Vietnamens acquirent des canons
antiaériens de 85 et 100mm guidés par radar. Très
rapides, ces pièces pouvaient tirer jusqu'à 12.000
mètres d'altitude.
Dès 1968, plus de 80% des pertes
aériennes U.S. furent attribuées à ces canons.
En juillet 1965 enfin, le Nord-Vietnam
fit l'acquisition de missiles sol-air soviétiques SAM 2
et SAM 3 qui, malgré leur efficacité limitée, rendirent
plus dangereuse encore le survol du Nord. |
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Un missile SAM toujurs dressé en
mémorial aux abords
d'Hanoï | |
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Les prisonniers de guerre U.S. au
Vietnam
En mars 1973, après
la signature des accords de Paris qui consacraient le
retrait U.S. du Vietnam, 591 Américains détenus furent
libérés par Hanoï.
Les prisonniers étaient pour la plupart
des aviateurs qui avaient été abattus lors de vols de
bombardements au-dessus du Nord. Certains avaient
été détenus durant plus de 8 ans. Ainsi, le
lieutenant Alvarez avait été capturé en août 1964.
L'Américain fait prisonnier était
régulièrement exhibé devant la population (et parfois
copieusement rossé par les civils) avant d'être
transféré à la vieille prison coloniale de Hoa Lo, à
Hanoï, où il était placé en isolement cellulaire afin de
le désorienter. Il était ensuite rapidement
interrogé tout en restant privé de contact avec les
autres prisonniers.
Généralement, l'interrogatoire se
doublait de tortures. Il s'agissait là d'une
violation de la Convention de Genève mais les
Nord-Vietnamiens arguaient que, la guerre n'ayant pas
été officiellement déclarée, les Américains agissaient
illégalement, en "pirates impérialistes", et ne
pouvaient donc bénéficier de la moindre
protection.
Sous la torture, les prisonniers
livraient des confessions écrites dans un language
typique des pays de l'Est et auxquelles personne en
Occident n'accordait de crédibilité.
Les Américains eurent la preuve de leurs
soupçons lorsqu'un prisonnier, conduit devant la presse
à Hanoï, réussit à cligner, en morse, le mot
"torture".
Les U.S.A. tentèrent une audacieuse
opération de libération de prisonniers.
Durant la nuit du 21 novembre 1970, un
hélicoptère déposa 14 commandos dans l'enceinte de la
prison de Son Tay, située à 50 kilomètres d'Hanoï.
En trois minutes, les gardes furent éliminés, les murs
percés et les cellules ouvertes.
Malheureusement, ce raid fut
inutile. Les Américains n'avaient pu remarquer,
avant le raid, que les prisonniers avaient tous été
transférés quatre mois plus tôt...
Selon les accords pris entre les U.S.A.
et le Nord-Vietnam, les prisonniers U.S. seraient
libérés au fur et à mesure du retrait américain du
Vietnam du Sud.
L'opération "Homecoming" débuta le 12
février 1973 mais, bien vite, Hanoï prit du
retard. Lorsque Nixon suspendit le retrait des
troupes, le rythme des libérations redevint normal
jusqu'à parvenir à son terme le 29 mars.
Dans le même temps, Saigon libéra 26.508
Nord-Vietnamiens tandis qu'environ 5.000 Sud-Vietnamiens
étaient rendus.
Depuis 1973, des rumeurs affirment
qu'une partie des 2.494 Américains portés disparus au
Vietnam y sont toujours retenus. |
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Le "Hanoï Hilton" où furent
détenus la plupart des prisonniers
U.S. | |
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La presse "underground"
Les soldats U.S.
envoyés au Vietnam étaient désireux d'avoir des
nouvelles du monde extérieur et de se
distraire.
Les radios officielles et les
publications militaires, comme "Star and Stripes",
remplissaient ce rôle mais se montraient peu critique
envers le gouvernement fédéral.
Rapidement donc, les soldats firent
paraître leurs propres journaux. Entre 1967 et
1972, environ 240 parutions virent le jour.
Dans l'ensemble, le contenu était limité
et le tirage confidentiel. La parution la plus
célèbre fut "Grunt", dont le premier exemplaire sortit
en février 1968 sous l'aspect d'un magasine sur papier
glacé, qui reprenait articles, poèmes, photos de
nus,... "Grunt" atteignit un tirage de 30.000
exemplaires et fut rebaptisé, en 1969, "Grunt Free
Press". Sous cette forme, il survécut jusqu'en
1971.
La presse "underground" d'époque est une
source historique intéressante car reflétant bien l'état
d'esprit des soldats de l'époque. Ainsi, en 1969,
l'un des journaux offrit une prime de 10.000 dollars à
celui qui tuerait le lieutenant-colonel Honeycutt, rendu
responsable des pertes énormes de l'assaut futile
d'Hamburger Hill...
La vietnamisation
Après le choc de l'offensive du Têt , les Américains
décidèrent de confier l'effort de guerre aux
Sud-Vietnamiens afin de favoriser leur propre retrait de
la région.
Malheureusement, le processus de
vietnamisation échoua. Le retrait rapide des
U.S.A. empêcha les Sud-Vietnamiens de faire leurs
preuves pendant que les Américains étaient encore
présents.
De plus, l'armée du Sud fut modelée
selon le modèle U.S. L'équipement était américain
mais la formation demeurait limitée. Ainsi,
en dépit des apparences, l'armée sud-vietnamienne de
1971 n'était qu'une coquille vide. Les soldats
étaient désireux de se battre mais la corruption et les
désertions régulières minèrent rapidement l'armée.
L'armée du Sud se comporta bien lors du
"Mini Têt", en 1972, mais, à cette date, elle
bénéficiait d'un fort appui aérien U.S.
Une fois les Américains définitivement
partis, il ne restait plus au Sud qu'une apparence de
puissance...
Les pertes U.S.
Au Vietnam, les
Américains perdirent près de 57.000 tués, dont 46.558
morts au combat et 1.390 décédés hors
combat.
L'année d'engagement la plus meurtière
fut 1968 (14.592 tués). Les années 1967 et 1969
furent également parmi les plus coûteuses
(respectivement 9.378 et 9.414 morts ces
années-là).
On estime qu'environ 300.000 militaires
furent blessés mais leur nombre fut sans doute
supérieur.
Enfin, il faut citer les tristement
célèbres "Missing In Action", soit 2.494
disparus. |
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