|

Les Politiques de l'Héroïne dans Le Sud Est Asie
Le Nouveau Monopole de l'Opium
La carrière dans l'armée de l'air du Premier Ministre Ky
commence quand il retourne de l'école de vol en France avec
son dîplome de pilote de transport et une femme française.
Comme les Américains commencent à évincer les Français hors
des positions de conseillers de la force de l'air en 1955,
les Français essaient de renforcer leur influence ébranlante
en promouvant les officiers avec des citoyens fortement
pro-Français, il est promu au rang de colonel "presque du
jour au lendemain" et devient le premier Vietnamien à
prendre la commande de la force de l'air vietnamienne. La
femme du lieutenant Ky est une preuve suffisante de sa
loyauté, et en dépit de sa jeunesse et inexpérience, il a
été nommé commandant du 1er Escadron de Transport. En 1956,
Ky est également nommé commandant du terrain d'aviation
militaire Tan Son Nhut de Saïgon, et son escadron, qui est
basé là, a été doublé à un total de trente-deux C-47 et a
été renommé le 1er Groupe de Transpost. Bien que faisant la
navette à travers le pays dans ces C-47 encombrants puisse
manquer d'éclat et de charme, ceci a ses avantages. La
responsabilité de Ky de transporter les fonctionnaires du
gouvernement et les généraux lui procurent des contacts
politiques utiles, et avec trente-deux avions sous sa
commande, Ky possède la plus grande flotte aérienne
commerciale dans le Sud Vietnam. Ky a perdu la commande du
terrain d'aviation militaire Tan Son Nhut, à cause de la
critique au sujet de la gestion (ou mal gestion) de la
cantine du terrain d'aviation par sa soeur, Madame Nguyen
Thi Ly. Mais il demeure au contrôle du 1er Groupe de
Transport jusqu'au coup anti-Diem de novembre 1963. Puis Ky
s'engage dans quelque sorte d'intrigue politique et, en
dépit de son manque de capacités en tant que conspirateur du
coup, émerge en tant que commandant de l'entière force de
l'air vietnamienne seulement six semaines après la chute de
Diem.
En tant que commandant de la force de l'air, le
Vice-Maréchal de l'Air Ky devient l'un des membres le plus
actif des "jeunes Turcs" qui ont rendu la vie politique dans
Saïgon si chaotique sous l'égide brève et erratique du
Général Khanh. Bien que la force de l'air n'ait pas le
pouvoir pour initier à elle seule un coup, comme une
division blindée ou d'infanterie le puisse, sa capacité de
marmiter les routes conduisant à Saïgon et de bloquer le
mouvement des divisions de n'importe qui montant un coup
donne à Ky un pouvoir de veto virtuel. Après que la force de
l'air écrase le coup abortif du 13 septembre 1964 contre le
Général Khanh, l'étoile politique de Ky commence à s'élever.
Le 19 juin 1965, le Comité Dirigeant National composé de dix
membres dirigé par le Général Nguyen Van Thieu nomme Ky au
poste de premier ministre, la plus haute position politique
dans le Sud Vietnam.
Bien qu'il soit énormément populaire avec la force de l'air,
Ky n'a ni une base politique indépendante ni aucune
réclamation à un leadership d'aucun mouvement de masse
authentique quand il a pris la position. Un nouveau venu en
quelque sorte dans la politique, Ky est presque inconnu au
dehors des cercles élites. En outre, Ky semble en court
d'argent, de connexions, et la capacité d'intrigue
nécessaires pour construire une faction gouvernante efficace
et rétablir la sécurité de Saïgon. Mais il résout ces
problèmes dans la façon traditionnelle vietnamienne en
choisissant un courtier de pouvoirs, un "poids lourd" comme
Machiavel et corrompu comme Bay Vien ou Ngo Dinh Nhu - le
Général Nguyen Ngoc Loan.
Loan a été facilement l'un des plus brillants jeunes
officiers de la force de l'air. Sa carrière a été marquée
par un avancement rapide et nomination à de tels postes
requérant une connaissance technologique comme commandant du
Groupe d'Observation Légère et assistant commandant du
Centre d'Opérations Tactiques. Loan a également servi en
tant que commandant adjoint de Ky, un ancien camarade de
classe et ami, à la suite du coup anti-Diem. Peu après que
Ky a pris son poste, il nomme Loan directeur du Service de
Sécurité Militaire (MSS). Comme le MSS est responsable de
l'enquête anticorruption dans le militaire, Loan est dans
une position excellente de protéger les membres de la
faction de Ky. Plusieurs mois après le pouvoir de Loan
augmente grandement quand il est également nommé directeur
de l'Organisation Centrale de Renseignement (OCR), la CIA
sudvietnamienne, sans être demandé de démissionner du MSS.
Finalement, en avril 1966, Premier Ky annonce que le Général
Loan a été nommé à un poste supplémentaire - directeur
général de la Police Nationale. Seulement après que Loan ait
consolidé sa position et choisi ses successeurs qu'il
"quitte" les postes de directeur du MSS et de la OCR. Même
sous Diem personne n'a contrôllé tant d'agences de police et
de renseignement.
Dans la nomination de Loan à tous ces trois postes,
l'intérêt de Ky et des Américains se coïncident. Tandis que
Premier Ky utilise Loan pour construire une machine
politique, la mission américaine est contente de voir un
homme fort prendre la commande des communautés de police et
de renseignement de Saïgon pour déloger le FLN hors de la
capitale. Lieutenant Colonel Lucien Conein dit que Loan a
été accordé le soutien à plein coeur de l'US parce que
Nous voulons une sécurité efficace dans Saïgon par-dessus de
tout, et Loan a pu fournir cette sécurité. Les activités de
Loan ont été placées au-delà de toute reproche et la
structure entière à trois étages du conseiller américain aux
niveaux de district, province et nation a été placé à sa
disposition.
La naïveté libérale qui avait marquée les diplomates de
Kennedy dans les quelques derniers mois du régime de Diem a
été décidément absente. Passées sont les querelles au sujet
des tactiques "d'état policière" et rêveries que Saïgon
pourrait être sécurisé et les situations politiques
stabilisées sans l'emploi des fonds disponibles provenant du
contrôle des raquettes lucratives de Saïgon.
Avec l'encouragement de Ky et le soutien tacite de la
mission américaine, Loan (que les Américains appellent
"Laughing Larry" parce qu'il éclate souvent dans un
gloussement à haute diapason) ressuscite la formule de Binh
Xuyen pour utilitser systématiquement la corruption pour
combattre contre la guerre de guerrilla urbaine. Au lieu de
purger les bureaux de police et de renseignement, Loan forge
une alliance avec les spécialistes qui avaient dirigé ces
agences pendant les dix à quinze dernières années passées.
Selon Lieutenant Colonel Conein, "les mêmes professionnels
qui ont organisé la corruption pour Diem et Nhu sont encore
en charge de la police et du renseignement. Loan a
simplement passé le mot parmi ces gens et a remis le vieux
système de nouveau en place."
Sous la direction de Loan, la sécurité de Saïgon a été
améliorée remarquablement. Avec le réseau de surveillance de
"porte à porte" perfectionné par Docteur Tuyen remise en
action, la police est très inondée d'information. Un
fonctionnaire de l'Ambassade américaine, Charles Sweet, qui
était alors impliqué dans le travail de pacification
urbaine, se rappelle qu'en 1965 le FLN tenaient en fait des
rallies à plein jour dans les sixième, septième et huitième
arrondissements de Cholon et les incidents terroristes
dépassaient quarante par mois dans le 8ème arrondissement
tout seul. Les méthodes de Loan sont si efficaces,
cependant, qu'en octobre 1966 jusqu'en janvier 1968 il n'y
pas même un incident terroriste dans le 8ème arrondissement.
En janvier 1968, le correspondant Robert Shaplen rapporte
que Loan "a fait ce qui est généralement regardé comme un
bon travail de dépister les terroristes communistes dans
Saïgon..."
Remettre "le vieux système de nouveau en place", bien sûr,
signifie ressusciter la corruption à grande échelle pour
financer les récompenses monétaires payés à ces agents à
mi-temps toutes les fois qu'ils délivrent l'information.
Loan et les professionels du renseignement de police
systématisent la corruption, régularisant combien chaque
agence particulière pourrait collecter, combien
chaqu'officier pourrait retenir pour son propre usage, et
quel pourcentage devrait être retourné à la machine
politique de Ky. Toute corruption individuelle excessive
extirpée, les raquettes de vice dans Saïgon-Cholon, les
raquettes de protection, et les paiements sont strictement
contrôlés. Après plusieurs années d'observation du système
de Loan en action, Charles Sweet sent qu'il y a quatre
sources principales de corruption au Sud Vietnam: (1) vente
des postes gouvernementaux par les généraux ou leurs
épouses, (2) corruption administrative (ristournes, présents
corrupteurs, etc), (3) corruption militaire (vol des biens
et supercherie de salaires), et (4) le trafic d'opium. Et de
ces quatre, Sweet a conclu que le trafic d'opium est
indéniablement la source la plus importante du revenu
illicite.
En tant que courtier de pouvoirs du Premier Ky, Loan
supervise simplement toutes les formes variées de corruption
à un niveau administratif général; il normalement laisse les
problèmes mondains d'organisation et de gestion des
raquettes individuelles aux assistants loyaux.
Tôt en 1966 le Général Loan nomme un politicien plutôt
mystérieux de Saïgon du nom de Nguyen Thanh Tung (connu
comme "Mai Den" ou "Mai Noir:) directeur du Bureau de
Renseignement Etranger de l'Organisation Centrale de
Renseignement. Mai Den est l'un de ces conspirateurs
vietnamiens perpétuels qui ont changé de camps tant de fois
dans les dernières vingt-cinq années que personne ne sait
vraiment pas beaucoup à leur sujet. En général on croit que
Mai Den a commencé sa carière d'échiquier en tant qu'agent
de renseignement Viet Minh tard dans les années 1940s,
devient un agent français à Hanoï dans les années 1950s, et
joint la police secrète du Docteur Tuyen après le retrait
des Français. Quand le gouvernement de Diem tombe, il
devient un conseiller politique proche du puissant
commandant du 1er Corps, le Général Nguyen Chanh Thi.
Cependant, quand le Général Thi ne s'entend pas avec Premier
Ky pendant la crise bouddhiste de 1966, Mai Den commence à
fournir au Général Loan avec l'information sur les
mouvements et plans de Thi. Après la chute du Général Thi en
avril 1966, Loan récompense Mai Den en le nommant au Bureau
de Renseignement Etranger. Bien qu'il soit nominalement
responsable des opérations d'espionnage étrangères,
présumément le vrai boulot de Mai Den est de réorganiser la
contrebande d'opium et d'or entre Saïgon et Laos.
A travers son contrôle des recrutements de renseignement et
de consulat à l'étranger, Mai Den n'aurait pas trop de
difficulté à placer un nombre suffisant d'hommes de contact
en Laos. Cependant, l'attaché militaire à Vientiane,
Lieutenant Colonel Khu Duc Nung, et la soeur du Premier Ky à
Pakse, Madame Nguyen Thi Ly (qui gère l'Hotel du Palais
Sedone), sont les contacts probables de Mai Den.
Une fois que l'opium est acheté, réemballé pour livraison,
et délivré à un point de reprise au Laos (normalement
Savannakhet ou Pakse), un certain nombre de méthodes sont
utilisées pour les introduire frauduleusement au Sud
Vietnam. Bien qu'elles ne soient plus aussi importantes que
dans le passé, les largages aériens dans les Hauts-Plateaux
du Centre continuent. En août 1966, par exemple, les Bérets
Verts américains en opérations dans les collines au nord de
Pleiku ont été surpris quand leurs alliés montagnards leur
présentent un paquet d'opium cru largué par un avion passant
dont le pilote s'est évidemment trompé que les guérilleros
montagnards sont ses hommes de contact. L'homme de Ky dans
les Hauts-Plateaux du Centre est le commandant du 2ème
Corps, le Général Vinh Loc. Il a été placé là en 1965 et
hérite toutes les bénéfices d'un tel poste. Son successeur,
un général réputé corrompu, se vante auprès de ses collègues
d'avoir perçu cinq milles dollars pour chaque tonne d'opium
larguée dans les Hauts-Plateaux.
Tandis que les larguages aériennes dans les Hauts-Plateaux
diminuent en importance et que les contrebandes narcotiques
par voie terrestre du Cambodge n'a pas encore développé, de
larges quantités d'opium cru sont contrebandées dans Saïgon
par des vols aériens commerciaux réguliers du Laos. Le
service douanier à Tan Son Nhut est largement corrompu, et
le Directeur de la Douane Nguyen Van Loc est un important
rouage dans la machine produisant les fonds. Dans un rapport
de novembre 1967, George Roberts, alors chef de l'équipe de
conseillers de douane américains à Saïgon, décrit l'étendue
de la corruption et de la contrebande au Sud Vietnam:
Malgré quatre ans d'observation d'une agence typiquement
dominée par la corruption du GVN (Gouvernement du Vietnam),
le Service de Douane, je continue à ne pouvoir prendre que
très peu de personnes à un tribunal régulier avec de
l'évidence solide que je possède et avoir très peu de chance
de les faire condamner sur cette évidence. L'institution de
la corruption est tellement devenue une part du processus
gouvernemental qu'elle est protégée par l'étendue de sa
pénétration même. C'est tellement une part des choses qu'on
ne peut pas séparer les actions "honnêtes" de celles
"déshonnêtes". Qu'est-ce qui constitue la corruption au
Vietnam? De mes observations personnelles, c'est comme suit:
Les très hauts placés fonctionnaires qui tolèrent et
s'engagent dans la contrebande, non seulement des
marchandises réglées par la douane, mais qui sappent
l'économie de la nation dans la contrebande d'or et bien
pire que tout, ce mal unpardonnable -- opium et autres
narcotiques;
Les policiers pour qui "stations de contrôle" sont synonymes
avec "stations de dépouillement";
Les fonctionnaires gouvernementaux hauts placés qui avisent
leurs subalternes du paiement mensuel qu'ils exigent
d'eux...
Les douanies qui vendent au plus offrant le privilège de
tenir pendant un temps spécifique la position où les
possibilités de corruption et de pillage sont au plus haut
point.
Il semble que le Directeur de la Douane Loc consacre la
plupart de ses énergies à organiser le trafic d'or et opium
entre Vientiane, Laos, et Saïgon. Quand 114 kilos d'or sont
interceptés à l'Aéroport Tan Son Nhut provenant de
Vientiane, George Roberts rapporte à la douane américaine à
Washington qu'"Il y malheureusement des accents politiques
et implications de culpabilité de la part des personnages
hauts placés." Directeur Loc utilise également ses
connexions politiques pour avoir sa séduisante nièce
embauchée comme hôtesse de l'air sur Royal Air Lao, qui vole
plusieurs fois par semaine entre Vientiane et Saïgon, et
l'utilise en tant que courtier de livraisons d'or et opium.
Quand les conseillers américains de la douane à Tan Son Nhut
donnent l'ordre de fouiller ses baggages en décembre 1967
comme elle débarque d'un vol de Royal Air Lao venant de
Vientiane, ils découvrent deux cents kilos d'opium cru. Dans
son rapport mensuel à Washington, George Roberts conclue que
Directeur Los "promeut le système de paiements journaliers
dans certains domaines des activités de la Douane."
Après que Roberts aient soumis un nombre de rapports bien
accentués avec la mission américaine, Ambassadeur Ellsworth
Bunker l'appelle ensemble avec les membres de l'équipe des
conseillers de la douane à l'Ambassade pour discuter
"l'implication vietnamienne dans la contrebande d'or et de
narcotiques." 'The Public Administration Ad Hoc Committee on
Corruption' au Vietnam a été formé pour faire face au
problème. Bien que Roberts réprimande le comité, disant que
"nous devons nous arrêter d'enterrer nos têtes dans le sable
comme les autriches" quand nous faisons face à la corruption
et contrebande, et supplie, "Avant tout, ne réduisez pas
ceci à devenir un sujet classifié et ainsi l'enterrer,"
l'Ambassade américaine décide de faire justement ainsi. Les
fonctionnairs de l'Ambassade que Roberts décrit come des
partisans de "concept noble de coeurs et d'esprits" ont
décidé à ne pas s'immiscer avec la contrebande ou la
corruption à grande envergure à cause "des pressions qui
sont trop bien connues pour exiger l'énumération."
Frustré envers la défaillance de l'Ambassade à prendre
action, un membre inconnu de la douane américaine divulgue
certains des rapports de Roberts au sujet de la corruption à
un sous-comité du Sénat présidé par le Sénateur Albert
Gruening d'Alaska. Quand le Sénateur Gruening déclare en
février 1968 que le gouvernement de Saïgon est "si corrompu
qu'il ne peut plus commencer à commander la loyauté et le
respect de ses citoyens, les fonctionnaires américains à
Saïgon défendent le régime de Thieu-Ky en disant qu'"il n'y
a pas de preuves que les dirigeants sudvietnamiens sont
coupables de recevoir des "commissions." Un mois plus tard,
le Sénateur Gruening affiche l'évidence du trafic d'opium de
Ky dans les années 1961-1962, mais l'Ambassade américaine
protège Ky contre des enquêtes plus avancées en offrant un
démenti vigoureux contre les accusations du sénateur.
Tandis que ces exposés sensationnelles de contrebande au
terminal civil à Tan Son Nhut saissisent les gros titres,
seulement à quelques centaines de mètres sur la piste des
avions de transports C-47s de l'Armée de l'Air Vietnamienne
chargés d'opium du Laos sont en train d'atterrir inaperçus.
Ky n'a cédé la commande de la force de l'air qu'en novembre
1967, et même alors il continue à faire toutes les
promotions et les nominations importantes à travers un
réseau d'officiers loyaux qui continuent à le considérer
comme le vrai commandant. En tant que premier et en tant que
vice-président, le Vice Maréchal de l'Air Ky a refusé les
résidences officielles qui lui sont offertes et par contre a
utilisé la somme de 200 000 dollars du gouvernement pour
construire un palais moderne, air-conditionné juste au
milieu de la Base d'Aviation de Tan Son Nhut. Le "palais vic-présidentiel,"
une monstruosité colorée à pastel qui ressemble à un
condominium à Los Angeles, est seulement à quelque pas de la
piste d'envol de Tan Son Nhut, où des hélicoptères demeurent
en alerte 24 heures sur 24, et à une minute par route du
quartier général de son ancienne unité, le 1er Groupe de
Transport. Comme on peut s'en attendre, les partisans les
plus loyaux de Ky sont les hommes du 1er Groupe de
Transport. Son commandant, le Colonel Luu Kim Cuong, est
considéré par beaucoup d'observateurs informés à être "le
commandant par intérim" non officiel de l'entière force de
l'air et un principal dans le trafic d'opium. Depuis que la
commande du 1er Group de Transport et celle de la Base
d'Aviation de Tan Son Nhut ont été consolidées en 1964,
Colonel Cuong non seulement a des avions qui volent du sud
de Laos et des Hauts-Plateaux du Centre (les routes
principales d'opium), mais il contrôle également les gardes
de sécurité de la base d'aviation et ainsi peut prévenir
toute recherche des C-47s.
Une fois qu'il parvienne en sécurité à Saïgon, l'opium est
vendu aux syndicats chinois qui prennent soins des détails
tels que la raffinerie et la distribution. La police de Loan
utilise leur organisation efficace pour "licencier" et
fouiller les milliers de tanières illicites d'opium
concentrées dans les 5ème, 6ème et 7ème conscriptions de
Cholon et éparpillées à égalité à travers le reste des
arrondissements de la capitale.
Bien que les bases d'exportation de morphine vers l'Europe
aient été relativement petites pendant l'administration de
Diem, elles ont augmenté pendant l'administration de Ky
comme la Turquie commence à éliminer la production en
1967-1968. Et selon Lieutenant Colonel Lucien Conein, Loan a
profité de ce changement:
Loan organise l'exportation d'opium de nouveau comme une
part du système de corruption. Il contacte les Corses et les
Chinois, leur disant qu'ils peuvent commencer à exporter
l'opium de Laos de Saïgon s'il paient un prix fixe à
l'organisation de Ky.
La plupart des narcotiques exportés du Sud Vietnam - que ce
soit à base de morphine d'Europe ou de l'opium cru des
autres parts du Sud Est Asie - sont expédiés du Port de
Saïgon sur des navires de transports au long cours.
(Egalement, Saïgon est probablement un port d'entrée pour
les drogues contrebandées dans le Sud Vietnam de Thailand.)
Le directeur de l'autorité du port de Saïgon pendant cette
période est le beau-frère du Premier Ky et un proche
conseiller politique, Lieutenant Colonel Pho Quoc Chu (Ky a
divorcé sa femme française et s'est marié à une
Vietnamienne). Sous la supervision du Lieutenant Colonel Chu
tous les officiers bien formés du port ont été
systématiquement expurgés, et en octobre 1967, le conseiller
chef de la douane américain rapporte que l'autorité du port
"est maintenant une coterie solide d'officier militaires du
GVN." Cependant, comparé aux fortunes qui peuvent être
faites du vol des équipements militaires, des marchandises,
des marchandises de fabrication, l'opium probablement n'est
pas si important.
Loan et Ky sans doute ont du souci au sujet de la situation
de sécurité critique dans Saïgon quand ils prennent le
pouvoir, mais leur vrai but en construisant l'appareil
d'état policier est le pouvoir politique. Souvent ils
semblent oublier qui leur "ennemi" est supposé d'être, et
utilisent la majorité de leur réseau de renseignement
policier pour attaquer les factions politiques et militaires
adversaires. A part de l'exécution sommaire d'un suspect FLN
devant les caméras de télévision américaine pendant
l'offensive du Têt 1968, le Général Loan est probablement
mieux connu au monde entier pour sa méthode unique de briser
les impasses législatives pendant la campagne d'élection de
1967. Un membre de l'Assemblée qui proposait une loi qui
aurait exclu Ky des élections à venir a été tué. Sa veuve
accuse publiquement le Général Loan d'avoir ordonné
l'assasinat. Quand l'assemblée refuse d'approuver le ticket
Thieu-Ky à moins qu'ils se conforment aux lois d'élection,
le Général Loan marche dans le balcon de la chambre des
députés avec deux gardes armés, et l'opposition s'évapore.
Quand l'assemblée hésite de valider les tactiques
frauduleuses que le ticket Thieu-Ky a utilisées pour gagner
leur victoire dans les élections de septembre, le Général
Loan et ses hommes armés envahissent dans le balcon, et de
nouveau les députés réalisent l'erreur de leurs actes.
Sous la supervision du Général Loan, la machine de Ky
réorganise systématiquement le réseau de paiements dans le
trafic d'opium et construit une organisation que beaucoup
d'observateurs sentent plus compréhensive que l'appareil
clandestin de Nhu. Nhu dépend des syndicats corses pour
gérer la plupart de la contrebande d'opium entre Laos et
Saïgon, mais leurs vols charters ont été évincés de Laos au
début de 1965. Ceci a forcé l'appareil de Ky à devenir plus
directement impliqué dans l'actuelle contrebande que la
police secrète de Nhu l'ait été. A travers des contacts
personnels au Laos, des quantités en gros d'opium raffiné et
cru sont transportées aux aéroports dans le sud Laos, où
elles sont reçues et contrebandées dans le Sud Vietnam par
les avions de la force de l'air. Le Service Douanier
Vietnamien est également contrôlé par la machine de Ky, et
de quantités substantielles d'opium sont transportées
directement à Saïgon par des vols commerciaux du Laos. Une
fois que l'opium atteigne la capitale, il est distribué aux
tanières d'opium à travers la ville qui sont protégées par
la force policière du Général Loan. Finalement, à travers
son contrôle de l'autorité du port de Saïgon, l'appareil de
Ky peut soutirer des revenus considérables en taxant
l'exportation de la morphine corse en Europe et les
livraisons d'opium et de morphine chinois à Hong Kong.
Malgré l'importance croissante de l'exportation de la
morphine, la machine de Ky continue à avoir du souci de son
propre marché domestique d'opium. L'épidémie d'héroïne chez
les GIs est encore cinq ans dans le future.

Thieu Prend la Commande
A la veille du déclin politique précipité de Vice Maréchal
de l'Air Ky, les officiers hauts placés qui répondent au
Président Thieu semblent s'émerger comme les trafiquants de
narcotiques dominants dans le Sud Vietnam. Comme ses
prédécesseurs, Président Diem et Premier Ky, Président Thieu
prend bien soin d'éviter de s'impliquer lui-même
personnellement dans la corruption politique. Cependant, son
courtier de pouvoir, le conseiller présidentiel de
renseignement, le Général Dang Van Quang, est lourdement
impliqué dans ces activités mal famées. Travaillant à
travers les officiers hauts placés de l'armée et de la
marine personnellement loyaux à lui ou au Président Thieu,
le Général Quang a construit une base de pouvoir formidable.
bien que le réseau international du Général Quang apparaîsse
plus faible que celui de Ky, le Général Quang contrôle la
marine vietnamienne, qui abrite une organisation de
contrebande élaborée qui importe de larges quantités de
narcotiques soit en protégeant les contrebandiers maritimes
chinois ou en utilisant les vaisseaux navals vietnamiens.
L'influence de Ky parmi les officiers hauts placés de
l'armée s'est affaiblie considérablement, et le contrôle sur
l'armée est maintenant passé au Général Quang. L'armée
maintenant gère la pluplart de la distribution et la vente
de l'héroïne aux GIs américains. En plus, un bloc de députés
pro-Thieu dans la chambre de députés de l'Assemblée
Nationale ont été publiquement exposés comme étant
activement impliqués dans la contrebande d'héroïne, mais il
semble qu'ils opèrent en quelque sorte plus indépendamment
du Général Quang que l'armée et la marine.
Le 15 juillet 1971, l'édition de NBC Nightly News, le
correspondant du réseau de Saïgon, Phil Brady, dit à une
audience de spectateurs de toute la nation que Président
Thieu et Vice-Président Ky sont tous deux en train de
financer leurs campagnes d'élection du trafic de
narcotiques. Brady cite des "sources extrêmement fiables" en
disant que le conseiller chef de renseignement du Président
Thieu, le Général Dang Van Quang, est "le plus grand dealer"
au Sud Vietnam. Bien le sécrétaire de presse de Thieu
démentit vigoureusement et accuse Brady de "propager des
mensonges et calomnies contre les dirigeants dans le
gouvernement, fournissant ainsi l'aide et confort à l'ennemi
communiste," il n'a pas essayé de défendre le Général Quang,
réputé comme étant le plus déshonnête général au Sud Vietnam
quand il était le commandant du 4ème Corps dans le Delta du
Mekong.
En juillet 1969 le correspondant à Saïgon de Time magazine
cable au bureau de New York ce rapport sur les activités du
Général Quang dans le 4ème Corps:
Quand il était là il avait gagné des millions en vendant des
postes et en percevant des commissions sur la production du
riz. Il y avait un incident fameux, décrit dans les fichiers
passés de corruption, quand Colonel Nguyen Van Minh fut
investi comme commandant de la 21ème Division. Il avait été
le commandant adjoint de corps de Quang. A la cérémonie, la
femme du commandant en partance se tint debout et criât à
l'assemblée que Minh a payé Quang 2 millions de piastres
(7300 dollars) pour la position...Quang a été finalement
relevé du 4ème Corps à l'insistance des Américains.
Le Général Quang est transféré à Saïgon tard en 1966 et
devient le ministre de planification et de développement,
une sinécure sauve-face. Tôt après l'élection du Président
Thieu en septembre 1967, il est nommé assistant spécial pour
les affaires militaire et de sécurité. Le Général Quang
émerge rapidement comme le courtier de pouvoir du Président
Thieu, et maintenant fait le même genre de lever de fonds
illicite pour la machine politique de Thieu que le maladroit
Général Loan a fait pour celle de Ky.
Président Thieu, cependant, n'est pas aussi sûr de Quang que
Premier Ky a été du Général Loan. Loan a joui d'une
confiance absolue de Ky et était confié avec un pouvoir
personnel quasi illimité. Thieu, par contre, prend soin de
construire des centres de pouvoir en compétition à
l'intérieur de sa machine politique pour garder le Général
de gagner trop de pouvoirs. Comme résultat, Quang n'a jamais
eu le même contrôle sur les diverses mini-factions pro-Thieu
comme Loan avait sur l'appareil de Ky. Comme le contrôle de
l'appareil de Ky sur les raquettes de Saïgon s'affaiblissent
après juin 1968, les diverses factions pro-Thieu les
remplacent. Dans le changement politique, le Général Quang
gagne le contrôle des forces spéciales, la marine et
l'armée, mais l'une des cliques pro-Thieu, qui est dirigé
par le Général Tran Thien Khiem, a gagné suffisamment de
pouvoir de façon qu'elle émerge graduellement comme étant
une faction indépendante en elle-même. Cependant, très au
début presque tout le pouvoir et l'influence gagnés de la
chute de Ky semblent être logés en sécurité dans le camp de
Thieu sous la supervision du Général Quang.
Il y de l'évidence qu'un des premiers nouveaux groupes
commencent à contrebander l'opium dans le Sud Vietnam sont
les contingents des forces spéciales vietnamiennes opérant
au sud Laos. En août 1971 The New York Times rapporte
que beaucoup d'avions transportant des narcotiques dans le
Sud Vietnam "sont liés avec les forces spéciales
vietnamiennes opérant le long du réseau de la Piste de Ho
Chi Minh dans Laos." Basées dans la Province de Kontum, nord
de Pleiku, les "forces de frappe" des forces spéciales ont
une petite flotte d'hélicoptères de transports et d'avions
qui volent dans le sud Laos en des incursions de sabotage
régulières et de reconnaissance à longue rangée. Certains
officiers des forces spéciales affirment que le commandant
de cette unité a été transféré à un autre poste en mi-1971
parce que son implication extensive dans le trafic
narcotique risque d'être exposée.
Mais les incursions clandestines sont des méthodes de
contrebande relativement inefficaces, et il apparaît que
l'appareil du Général Quang n'est pas devenu lourdement
impliqué dans le trafic narcotique que jusqu'à l'invasion du
Cambodge en mai 1970. Pour la première fois après plusieurs
années l'armée vietnamienne opère à l'intérieur du Cambodge;
les troupes vietnamiennes gardent les routes clés de
communications cambodgiennes, les officiers de liaisons de
l'armée à Phnom Penh, et les officiers de renseignement sont
permis de travailler à l'intérieur de l'ancienne royauté
neutraliste. Plus important encore, la marine vietnamienne
commence des patrouille permanentes le long des sections du
Mekong et établit des camps à Phnom Penh.

La Marine Vietnamienne: Remontant la Crique
La marine vietnamienne utilise l'invasion cambodgienne pour
étendre son rôle dans le trafic narcotique, ouvrant une
nouvelle conduite qui a été auparavant inaccessible. Le 9
mai une armada de 110 navires vietnamiens et 30 navires
américains commandée par le commandant de la flotte navale,
Capitaine Nguyen Thanh Chau, traverse la frontière
cambodgienne, remontant le Mekong en une formation de forme
V dramatique. Le jour suivant le commandant de la 211ème
Force de Frapppe Riveraine, Capitaine Nguyen Van Thong,
débarque plusieurs centaine Vietnamiens à vingt miles au
haut de la rivière à Neak Luong, une traversée de bac vitale
sur la Route 1 liant Phnom Penh avec Saïgon. Laissant
derrière les conseillers américains là, les Vietnamiens
arrivent à Phnom Penh le 11 mai, et le 12 mai atteignent
Kompong Cham, soixante-dix miles au nord de la capitale
cambodgienne, ainsi nettoyant entièrement la voie maritime
pour leur usage. Loué comme un coup tactique et une grande
"flotte militaire humanitaire" par les publicistes navals,
l'armada a également, selon les sources à l'intérieur de la
marine vietnamienne, la distinction douteuse de contrebander
de larges quantités d'opium et héroïne dans le Sud Vietnam.
Un associé du Général Quang, l'ancien commandant de la
marine le Vice Amiral Chung Tan Cang, s'élève à la
prominence pendant l'invasion cambodgienne. L'Amiral Cang a
été un bon ami du Président Thieu depuis leurs jours
d'étudiant ensemble à l'Académie de la Marine Marchande à
Saïgon (classe de '47). Quand Amiral Cang est relevé de la
commande de la marine en 1965, après avoir été accusé
d'avoir vendu les ravitaillements de nourriture pour
secourir les victimes d'inondation au marché noir au lieu de
les délivrer aux réfugiés affamés, Thieu s'est intervenu
pour prévenir qu'il soit prosécuté et l'a nommé à une
sinécure sauve-face.
Une source à l'intérieur de la marine vietnamienne dit qu'un
réseau de contrebande qui transporte l'héroïne et opium du
Cambodge au Sud Vietnam a été établi parmi les officiers
hauts placés de la marine tôt après la marine vietnamienne
arrive au quai de Phnom Penh. Les livraisons sont passées de
mains en mains jusqu'à ce qu'elles atteignent Saïgon: en
premier lieu le relai est de Phnom Pen à Neak Luong, en
suite de Tan Chau à Binh Thuy. De là les narcotiques sont
transportés à Saïgon sur une variété de vaisseaux navals et
civils.
Comme l'opération militaire cambodgienne approche la fin au
milieu de 1970, l'organisation de contrebande de la marine
(qui a ramené des quantités limités d'or, d'opium et de
marchandises réglementées par la douane dans le Vietnam
depuis 1968) se répand.
Commodore Lam Nguon Tanh est nommé chef adjoint des
opérations navales en août 1970. Egalement un membre de la
classe de Thieu à l'Académie de la Marine Marchande (classe
de '47) Commodore Tanh a été abrutement relevé de son poste
de chef d'état major naval en 1966. Une source à l'intérieur
de la marine stipule que les officiers hauts placés de la
marine a utilisé trois des camps navals dans le Delta de
Mekong sous la commande du Commodore Tanh - Rach Soi, Long
Xuyen et Tan Chau - comme des points de dépôt des
narcotiques contrebandés au Vietnam sur des bateaux de pêche
Thai ou des sampans cambodgiens. De ces trois camps, les
narcotiques sont contrebandés à Saïgon par des bateaux à
haute vitesse (officiellement connues comme PCFs). Quand, et
ça arrive souvent, les narcotiques sont transportés à Saïgon
sur des sampans civils ordinaires ou des bateaux de pêches,
leurs déplacements sont protégés par ces unités navales.
Bien que ces précautions aurait été adéquates, les
événements et décisions dépassant le contrôle du Général
Quang ont de près abouti à une exposé humiliante au public.
Le 25 juin 1971, la police narcotique vietnamienne, assistée
par les agents Thai et Américains, brise un syndicat chinois
majeur chiu chau dans Cholon, arrête 60 trafiquants
de drogues, et a fait un des plus larges saississements de
narcotiques dans l'histoire récente du Vietnam - 51 kilos
d'héroïne et 334 kilos d'opium. Loué dans la presse comme
une grande victoire pour la guerre du gouvernement de Thieu
contre la drogue, ces raids s'avèrent plutôt une
enbarrassement majeur, comme ils exposent partiellement le
réseau de contrebande de la marine.

L'Armée Vietnamienne: Marketing le Produit
Tandis que la marine vietnamienne est impliquée dans
l'importation du drogue, les éléments pro-Thieu de l'armée
vietnamienne (ARVN) gèrent la distribution et la vente de
l'héroïne aux GIs à l'intérieur du Sud Vietnam. Mais plutôt
de risquer l'exposition en ayant leurs propres officiers
manipuler les aspects vulnérables de l'opération, les
commandants hauts placés de l'ARVN préfèrent travailler avec
les syndicats chinois de Cholon. Ainsi, une fois les
livraisons en gros de l'héroïne sont introduites à
l'intérieur du pays soit par le militaire même soit par les
Chinois protégés par le militaire - elles sont normalement
passées aux syndicats de Cholon pour l'emballage et et
livraison. De Cholon, les courtiers chinois et vietnamiens
se répandent aux quatre coins du pays, délivrant des lots de
plusieurs kilos d'héroïne aux commandants militaires du
Delta à la ZDM. Dans trois des quatres zones militaires, la
distribution locale est supervisée et protégée par les
officiers hauts placés de l'armée. Dans le Delta du Mékong
(4ème Corps) les ventes locales sont contrôlées par des
colonels loyaux au Général Quang, dans le sud de la région
centrale du pays (2ème Corps) la distribution de l'héroïne
est devenu un sujet de controverse entre les deux généraux
féodaux loyaux au Président Thieu, l'ancien commandant du
2ème Corps le Général Lu Lan et le présent commandant le
Général Ngo Dzu; et dans le 1er Corps tout au nord du pays,
le trafic est dirigé par les députés du commandant de Corps.
En juin 1971, le chef conseiller américain de la police
soumet un memorandum sur l'implication du Général Ngo Dzu
dans le marché de l'héroïne qui décrit la relation entre les
trafiquants chinois de Cholon et les généraux vietnamiens.
"HEADQUARTERS UNITED STATES MILITARY COMMAND, VIETNAM APO
SAN FRANCISCO 96222 Office of the Assistant Chief of Staff,
CORDS MACCORDS-PS 10 Juin 1971
MEMORANDUM SUJET: Le Trafic de l'Héroïne
1. Une source confidentielle a avisé ce Directorat que le
père du Général
Dzu,
Commandant Général du 2ème Corps, a trafiqué l'héroïne avec
M. Chanh, d'origine chinoise de Cholon. (Autre
identification pas disponible).
2. Le père du Général Dzu demeure à Qui Nhon. M. Chanh fait
régulièrment la navette entre Qui Nhon et Saïgon normalement
via Air Vietnam, mais parfois par l'avion privé du Général
Dzu. M. Chanh soit voyage à Qui Nhon tout seul, soit avec
d'autres Chinois. A l'arrivée à l'Aéroport de Qui Nhon, il
est reçu par une escorte normalement composée des unités de
la Sécurité Militaire et/ou de la Police Militaire.; M.
Chanh est ensuite escorté au père du Général Dzu, où il
délivre des quantités en kilos d'héroïne en échange de
dollars américains. M. Chanh normalement dépense plusieurs
jours à Qui Nhon, et reste à l'Hotel Hoa Binh, rue Gia Long,
Qui Nhon. Quand Chanh retourne à Saïgon il est également
offert une escorte de l'Aéroport TSN.
3. La Police Nationale à Qui Nhon, en particulier les
policiers qui sont assignés à l'aéroport, sont conscients de
l'activité entre le père du Général Dzu et M. Chanh, mais
ils ont peur soit de rapporter soit d'enquêter ces
violations par crainte qu'ils soient fais bouc émissaire
s'ils agissent
4. M. Chanh (alias: Nez Rouge) est d'origine chinoise de
Cholon d'environ 40 ans.
[signé] Michael G. McCann, Director Public Safety
Directorate CORDS
Le gros des livraisons d'héroïne ont été délivrées dans les
cités ou les camps de l'ARVN près des installations
américaines. Elle est vendue aux GIs à travers un réseau des
trafiquants civils (les serveuses de barraques, vendeurs de
rue, les maquereaux, les gosses vagabonds) ou par des
officiers de bas échelons de l'ARVN. A Saïgon et aux
alentours du 2ème Corps la plupart du marketing de l'héroïne
est géré par des réseaux de civils ordinaires, mais comme
les drogués américains s'éloignent de la capitale aux camps
isolés le long de la frontière laotienne et la ZDM, les
trafiquants de l'ARVN deviennent de plus en plus
prédominants. "Comment obtenons-nous ceci?", dit un GI
stationné à un camp désolé près de la ZDM, "on n'a qu'à
approcher la clôture et parle à un ARVN. S'il en a, vous
pouvez faire l'achat.
Même à Long Binh, l'installation massive de l'armée
américaine aux abords de Saïgon, les officiers vietnamiens
travaillent en tant que trafiquants. Comme un GI drogué
stationné à Long Binh a dit, "Vous pouvez toujours obtenir
de l'héroïne d'un ARVN; pas un sous-officiers, mais les
officiers. J'ai l'obtenue même d'un Capitaine."
L'Appareil de Khiem: Toute dans la Famille
Après quatre années d'exile politique en Taïwan et Etats
Unis, Khiem retourne au Vietnam en mai 1968 et est nommé
ministre d'intérieur dans l'administration du Président
Thieu. Khiem, probablement le plus versatile des dirigeants
militaires du Vietnam, procède à construire sa propre base
de pouvoir, devenant premier ministre en 1969. Bien que
Khiem ait une histoire de trahison envers ses alliés quand
ça convient à ses buts, le Président Thieu s'est vérouillé à
une guerre souterraine désespérée avec le Vice-Président Ky,
et probablement nomme Khiem parce qu'il a besoin de ses
talents sans égals en tant que combattant politique. Mais en
premier lieu comme ministre de l'intérieur et plus tard
concuremment comme premier ministre, Khiem nomme ses
parentés aux bureaux lucratifs dans l'administration civile
et commence à construire une organisation politique de plus
en plus indépendante. En juin 1968 il nomme son beau-frère
maire de Saïgon. Il utilise son influence politique
grandissante pour avoir son jeune frère, Tran Thien Khoi,
nommé chef de la Division de Répression de Fraude de la
douane (un bras d'application), un autre frère fait
directeur du Port de Saïgon et son cousin nommé
gouverneur-général adjoint de Saïgon. Suivant sa promotion
au premier ministre en 1969, Khiem a pu nommé un proche de
sa femme à la position de directeur-général de la Police
Nationale.
L'un des plus importants hommes dans l'appareil de Khiem est
son frère, Tran Thien Khoi, chef de la Division de
Répression de Fraude de la douane. Tôt après que les
conseillers américains de la douane commencent à travailler
à l'Aéroport de Tan Son Nhut en 1968, ils soumettent des
rapports détaillés au sujet des conditions épouvantables et
conseillent à leurs homologues sudvietnamiens de sévir
fortement. Cependant, comme un fonctionnaire américain a
dit, "Ils viennent tout juste à commencer à nettoyer quand
le frère de Khiem arrive, et puis tout est balancé à travers
la fenêtre." Le Chef de Répression de Fraude Tran Thien Khoi
délègue la plupart du travail sale à son chef adjoint, et
ensemble les deux hommes amènent tout travail d'application
efficace à un arrêt. Le partenaire du Chef Khoi a été décrit
vivement dans un rapport du shériff américain en 1971:
Il a une habitude d'opium qui coûte approximatevement 10 000
piastres par jour [35 dollars] et fréquente une tanière
d'opium locale d'après un horaire prévisible. Il a été
accusé de sérieuses irrégularités quelque deux années
auparavant mais par des paiements et influence politique, a
pu avoir ses accusations laisser tombées. Quand il prend sa
position présente il est connu comme presque indigent, mais
maintenant est riche et nourrit deux ou trois épouses.
Le rapport décrit Chef Khoi lui-même comme "un principal
dans le trafic d'opium" qui a saboté les efforts d'établir
une brigade narcotique à l'intérieur de la Division de
Répression de Fraude. Sous le leadership inspiré de Chef
Khoi, l'or et l'opium contrabandés à Tan Son Nhut deviennent
si flagrants qu'en février 1971 un conseiller américain de
douane a rapporté que "...après trois années de ces réunions
et d'innombrables directives décrétées à tous les niveaux,
l'opération de la douane à l'aéroport a ... atteint un point
où les personnel de douane du Vietnam est réduit à pas plus
que larbins aux trafiquants..."Le rapport continue à décrire
l'association entre les fonctionnaires de douane et un
groupe de trafiquants professionels qui semblent contrôler
l'aéroport:
Actuellement, les Douaniers semblent extrêmement anxieux à
plaire ces trafiquants et non seulement les escorter à
travers les comptoirs d'examen mais même les accompagner au
dehors aux taxis en station. Ceci donne un air de légimité à
la transaction afin qu'il puisse ne pas y avoir interférence
de la part d'un douanier outrement zélé ou un policier qui
pourrait être nouveau au poste et ne sait pas encore ce qui
est attendu de lui.
Le plus important trafiquant à l'Aéroport Tan Son Nhut a été
une femme avec des connexions politiques impressionnantes:
"L'un des plus grand problèmes à l'aéroport depuis que les
Conseillers arrivent la première fois là et le sujet de l'un
des premiers rapports est Madame Chin, ou Ba Chin ou Chin
Map qui en Vietnamien est litéralement traduit comme "Grosse
Chin." Cette description cadre bien à elle comme elle est
assez corpulente pour être facilement reconnue dans
n'importe quelle groupe... Cette personne est à la tête d'un
réseau de 10 ou 12 femmes qui sont présentes à toutes les
arrivées d'avions de Laos et Singapore et ces femmes sont
les destinataires de la plupart du cargo qui arrive sur ces
vols comme bagages non accompagnés... Quand Madame Chin
quitte la zone de douane, elle est comme un canard-mère avec
sa couvée comme elle conduit la procession et est suivie
avec obéissance par 8 ou 10 porteurs qui transportent des
marchandises à être chargées dans les taxis...
Je me rappelle une occasion...en juillet 1968 quand un avion
arrive de Laos... J'exprime un intérêt dans le même genre de
médecine chinoise que cette femme a reçue et a emportée avec
elle. Un des nouveaux douaniers ouvre un paquet et y trouve
non pas de la médecine mais des feuilles minces d'or...Cet
incident est apporté à l'attention du Directeur Général mais
le Chef de la Zone 2...dit que je suis en train de deviner
et que je ne peut pas accuser Madame Chin d'aucune faute.
J'exhibite ce fait pour montrer que cette femme est protéger
à tout niveau dans le service douanier du GVN."
Bien que presque tout fonctionnaire du service douanier
reçoive des paiements des trafiquants, les conseillers
américains de douane croie que le poste de Chef Khoi est
celui qui donne le plus de satisfactions. Tandis que la
plupart des chefs de division recoivent seulement les
paiements de leur subalternes immédiats, ses pouvoirs
d'application lui permettent de recevoirsdes paiements de
chaque division du service douanier. Comme même le plus
petit fonctionnaire comme les chefs collecteurs aux dépots
de cargo de Tan Son Nhut payent 22 000 dollars chaque mois à
leurs supérieurs, le revenu de Chef Khoi doit être énorme.
Au début de 1971 les conseillers américains de douane font
un grand effort pour avoir le chef adjoint transféré, mais
Chef Khoi est extrêmement adroit à protéger son associé. En
mars les fonctionnaires américains à Vientiane ont appris
que le Député Pham Chi Thien devrait s'embarquer un vol pour
Saïgon transportant quatre kilos d'héroïne et transmettent
cette information à Saïgon. Quand les conseillers américains
de douane demande la Division de Répression de Fraude de
faire l'arrêt (les fonctionnaires américains de douane n'ont
pas le droit de faire les arrêts), Chef Khoi confie le
saississement à son assistant fumeur d'opium. Le "héro" est
plus tard décoré pour son "accomplissement," et les
conseillers américains de douane, qui continuent à le faire
licencié, ou au moins transféré, ont dû serrer leurs dents
et assister à un banquet en son honneur.
Frusté par des mois d'inaction par la mission américaine et
totale duplicité des Vietnamiens, les membres de l'équipe
conseillère de douane américaine décide de porter leur cas
au public américain. Des copies des rapports des conseillers
de douane peu flatteurs cités ci-dessus sont divulgués à la
presse et deviennent la base d'un article qui apparaît à la
page une de The New York Times le 22 avril 1971, sous le
gros titre, "L'Aéroport de Saïgon un Paradis de
Trafiquants."
La réponse américaine est immédiate. Washington envoie
davantage de conseillers de douane pour travailler à Tan Son
Nhut, et l'Ambassade américaine finalement demande de
l'action au régime de Thieu. Initialement, cependant, le
gouvernement de Saïgon est froid aux demandes de l'Ambassade
de nettoyer la Division de Répression de Fraude de la
douane. Ce n'est que quand le sujet de trafiquant devient un
ballon politique entre les factions de Khiem et de Thieu que
les Vietnamiens montrent un intérêt à faire face au
problème.

The Politiques of Heroin in SEA
Alfred W. McCoy (1973)
Harper Colophon Books
Courtoisie d'Adam Sadowski
generalhieu
|