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La Petite Vietnamienne et le galet
Ce bonbon rond est re’serve’ pour
Maman,
Ce bonbon carre’ est pur Papa ,
Ce petit bonbon pour ma soeur,
Ce grand bonbon pour mon fre`re,
Et celui le plus gros …est pour
moi.
Sur la plage de Palawan
Il y a une petite fille
A` l’a^ge de cinq ou six ans,
Comptant un par un des galets
en parlant toute seule
Comme elle parle a` sa solitude.
Je suis venue du Viet Nam,
C’est sa re’ponse unique et
habituelle.
Les deux mots tre`s simples que
beaucoup de gens ont oublie’s,
Ces deux seuls mots
sont reste’s toujours fide`les a`
sa me’moire.
Elle a montre’ la mer
aux autres questions.
O`u est Maman ?
Elle s’est couche’e a` la mer
O`u est ton fre`re?
Il a e’te’ emporte’ par les
vagues vers le large
O`u est ta soeur ?
-J’ai entendu son cri percant au
haut de la barque
O`u est Papa?
Elle a secoue’ sa te^te aulieu de
re’ponse
De`s que je me suis re’veille’e,
je n’ai trouve’ personne la` -bas
Sur la barque sauve’e il y a
quelques jours
certains ont ve’cu.
Comme c’est e’tonnant de trouver
une petite orpheline
encore vivante apre`s six
semaines en pleine mer.
Les survivants ont raconte’ des
histoires d’e'pouvante sur lui
telles que ses parents mouraient
de faim,
sa soeur e’tait kidnappe’e par
les pirates
et son petit fre`re a` l’a^ge
d’un an, emporte’ par les flots.
Ceux ayant surve’cu a` travers
les six semaines difficiles
Se coupaient leur chair pour
nourrir la petite fille des gouttes de sang,
celles du sang vietnamien
qui par miracle ont sauve’ la vie
d’une fille vietnamienne.
Un jour tu seras grande.
Ne change jamais ton sang
vietnamiem partout o`u tu iras.
Ce sang affectueux s’e'coulant
pendant des quatre mille ans d’antan
Continue a` s’e'couler
e’ternellement.
Ce bonbon rond est re’serve’ pour
Maman,
Ce bonbon carre’ est pour Papa,
Ce petit bonbon pour ma soeur,
Ce grand bonbon pour mon fre`re,
Et celui le plus gros est…pour
moi.
Toute la semaine elle s’assied
toujours la`-bas
Marmonnant toute seule
En regardant avec stupe’faction
le lointain de la mer.
Il semble qu’elle est entrain
d’attendre sa me`re au retour du marche’.
Comme il est tard !
La petite continue a` chuchoter
des non-sens
surlesquels sa me`re avait
l’habitude de lui faire une re’primande.
La petite pencha la te^te sur le
co^te’ mais personne ne caresse ses cheveux.
La mer a apporte’ les douleurs
muettes et les affections au lointain.
Un jour si quelqu’un demande a`
la jeune fille pour qui elle a de l’affection
Elle re’pondra qu’elle aime la
mer
Ou` son pe`re mourut sans
corte`ge fune`bre
Ou` les cris de sa soeur lui
transperce`rent le coeur
Ou` sa me`re ne revint pas quand
la nuit de’ja` passait
Ou` son fre`re resta avec des
vaques par milliers
O! Petite orpheline, ta vie est
celle d’un galet pleurant une fois
Et les larmes continueront a`
s’e'couler pour toujours.
Trần Trung Đạo
Traduit en Français
par Nguyen Khoa |